Lettre d’un immigré aux «casseurs» de la France

Publié le par Mouloud Akkouche

Assez d’entendre cracher sur la France ! Contrairement aux propos de ses détracteurs, cette patrie sait accueillir. Sans doute même la démocratie la plus accueillante de la planète. Et je ne laisserai personne dénigrer la patrie des droits de l’Homme qui a toujours tendu la main à tous les exilés du monde. Un statut que je connais parfaitement. Des années que j’ai quitté mon pays natal. Une situation d’exil pas tous les jours si facile. Mais loin de moi l'idée de me plaindre. Je suis flatté et heureux de vivre au sein du peuple français. Fier d’être en France. Et, à la mesure de mes moyens, de contribuer à l’essor de cette nation. Lui rendre tout ce qu'elle m'a donné à moi: l'étranger.

La France est vraiment une patrie formidable ! Elle m’a beaucoup apporté, sur de très nombreux plans. Je lui dois énormément et la remercie chaque jour que Dieu fait. Jamais je ne se serai ingrat vers celle qui, sans la moindre discrimination liée à mon faciès, m’a ouvert ces portes. Un accueil comme je n'ai eu nulle part ailleurs. Une existence des plus agréable pour ma famille et moi. Cela dit, ne soyons pas naïf : tout n’y est pas rose. Bien sûr, il y a des problèmes qui perdurent. Notamment sur le plan social.

Mais, en ce qui me concerne, je peux vous affirmer m'y être parfaitement intégré. Bien que né ailleurs. Et plutôt du genre basané que suédois. Ayant migré de pays en pays, je peux vous dire que la France est l’un des endroits les moins racistes du globe. Avec ma gueule de métèque comme chantait Georges Moustaki, je peux vous dire que je n’ai jamais eu le moindre problème. Pas un souci de cet ordre dans notre environnement. Tout se passe bien. Ma différence est, d’une certaine manière, une richesse de plus de proximité. Mes enfants, eux aussi, n’ont eu aucun problème d’intégration. Tous heureux dans ce quartier !

Ceux qui dénigrent aussi facilement la France devraient essayer d'aller vivre dans d’autres pays. Ils déchanteraient très vite et changeraient leur refrain anti-France. Moi, qui ai si souvent eu à traverser des frontières, je suis bien placé pour en parler. Mes conditions de vie n’ont jamais été aussi bonnes que depuis que je me suis installé ici. Rien à voir avec toutes les autres nations que j’ai traversées. Ici, on me fait confiance. Bien sûr, il faut travailler et prouver son efficacité. Ne pas se tourner les pouces. On a rien sans rien.

A ce propos, moi je suis persuadé que les assistés plombent le pays. Tous ceux qui, au lieu de se retrousser les manches, profitent des acquis sociaux sans contrepartie de leur part. Combien coûtent-ils à notre collectivité ? Et les autres, ayant la chance d’avoir un emploi, qui refusent de se serrer la ceinture. Toujours à vouloir plus sur le fiche de paye alors que les entreprises ont de grosses difficultés. Des citoyens incapables de se rendre compte que nous sommes dans une profonde crise mondialisée. Comme ces barbares ayant arraché la chemise de cadres d’Air France. Pour moi, ce sont des égoïstes ne pensant qu’a leur salaire et petit confort. Des irresponsables qui saignent ce pays.

Jamais je ne me plaindrai de la France. Une République où tous les citoyens naissent libres et égaux en droit. Combien de démocratie affichant « Liberté, Egalite, fraternité » au fronton de ces édifices publics ? Chaque fois que mes yeux se posent sur ces trois mots, j’ai un pincement au cœur. Ma famille bénéficie de tout ça. Un joyau démocratique offert à toute la population hexagonale. Nous sommes tous privilégiés de vivre dans une telle patrie.Nombre de citoyens français l'oublient. Une chance de vivre sur notre territoire !

Jamais ailleurs, je n’aurais pu espérer une telle trajectoire. Débarqué d’un autre pays, les français auraient pu me regarder de haut. Ne pas me faire confiance. Et me laisser marner durant des années. Ce fut le contraire. Depuis mon arrivée, on me juge sur mon travail. Pas un hasard si j’ai pu obtenir un bon poste. Une situation uniquement dû à ma pugnacité. Je ne compte pas mes heures. Toujours le premier au bureau, dernier rentré chez moi. Ma réussite, moi métèque venu de l’étranger, je ne la dois qu’à ma force de travail. Et je ne le regrette pas le moins du monde. C'est pour la bonne cause. Notre cause nationale.

N’en déplaise aux réducteurs du « rêve français », ce pays ouvre l’ascenseur social à celui qui décide de le prendre. Impossible n’est pas français. Même pour un immigré comme moi. Bien sûr les jaloux n'ont pas manqué de critiquer ma dernière augmentation de salaire. Surtout les syndicalistes qui détestent au fond la réussite, préférant exploiter les échecs. Pourquoi chercher à me justifier ? Cette récompense est méritée, le fruit de mon labeur. Rien volé à personne que je sache. La volonté et le sérieux professionnel payent toujours. Quand on veut, on peut dans ce pays. Merci à la France d'avoir récompensé mon travail.

Votre dévoué serviteur,

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